Il n’y a pas si longtemps, l’équipe de France de football touchait le fond. Au sortir de la génération dorée des Zidane et consorts, les Bleus ont connu la crise, en écornant furieusement leur image du côté de Knysna notamment. Le fiasco de la Coupe du monde 2010 et l’inoubliable épisode du bus abritant une sélection gréviste, sous la responsabilité alors de Raymond Domenech, ont laissé des traces.
A cette époque, Lassana Diarra compte parmi les meilleurs milieux de terrain du monde – lui qui évolue alors dans les rangs du Real Madrid – mais son statut en équipe de France n’est pas celui d’un cadre. Quelques années plus tôt, il a découvert les A tricolores dans une atmosphère étrange. Aujourd’hui retraité du ballon rond, l’intéressé raconte.
Dans l’émission The Bridge diffusée sur Youtube et chapeautée par Aurélien Tchouaméni, Lassana Diarra assène ses vérités sur les Bleus d’avant. « Mon histoire, elle est chaotique, admet l’international aux 34 capes. Je n’ai pas tout bien fait… C’est important de faire son introspection. »
Henry, Evra et Gallas parmi les traitres ?
Pour autant, le talentueux et polyvalent milieu en veut aux piliers de son époque. « On n’est pas là pour dire des blazes. Nous, les grands frères, c’étaient des teu-trés (des traitres, ndlr). Aujourd’hui je suis à la retraite, je le dis, c’étaient des teu-trés ! Quand tu es un peu plus âgé, que c’est chaud, c’est à toi de prendre les patins, d’aller devant. Je pense que nous, en équipe de France, peut-être qu’on leur a fait peur. Quand on est arrivé en équipe de France, on jouait tous dans les grandes équipes. »
Et Lassana Diarra de poursuivre: « En deux piges, il y a eu un renouvellement. Moi, quand j’arrive, je suis à Chelsea, […] j’ai le respect avec Makelele. Il y a plein de gens que je connais de Londres mais je ne le montre pas parce que je garde ma place de jeune. Il y a certains anciens qui, je trouve, n’ont pas joué leur rôle. Faut nous protéger. La trace qu’a laissée cette génération, elle n’est pas terrible, ce n’est pas normal. »
A l’époque, les cadres des Bleus qui ne sont pas cités ici se nomment Patrice Evra, William Gallas, Franck Ribéry ou encore Thierry Henry. Difficile de savoir quels joueurs cible précisément Lassana Diarra, mais la rancœur de ce dernier est tenace.