La défaite concédée par le XV de France sur la pelouse de Twickhenam, aussi frustrante fut-elle en raison des nombreuses occasions ratées par les Bleus, a été lourde de conséquence pour les troupes de Fabien Galthié. Et pas seulement pour Damian Penaud et Matthieu Jalibert, tous les deux écartés pour le match suivant en Italie. Au retour de Londres, le sélectionneur tricolore a en effet lancé une révolution tactique.
Alors qu’il privilégiait jusqu’alors un banc avec 6 avants et 2 arrières, l’ancien demi de mêlée a en effet soumis l’idée à son staff de retenir 7 avants pour un seul arrière. Longuement interrogé dans les colonnes de Midi-Olympique, William Servat, l’entraîneur des avants, a raconté la genèse de cette révolution.
« Après l’Angleterre, en rentrant dans l’Eurostar, on a fait notre petite réunion pour établir notre liste des 42 et se projeter sur le prochain match. C’est à ce moment que Fabien a émis l’idée de faire un 7-1. On était un peu surpris, mais malgré tout, j’ai trouvé l’idée géniale car je suis depuis très longtemps un fervent défenseur du 6-2. Et je trouvais super l’idée d’insuffler un apport massif de puissance, d’autant qu’on a la chance de pouvoir compter sur de nombreux joueurs polyvalents », a-t-il ainsi raconté.
Fabien Galthié a vu juste
Et pour l’ancien première ligne, ce changement tactique a pesé lourd dans les succès des Bleus face à l’Irlande ou l’Ecosse. « Ce banc en 7-1 a permis d’avancer encore plus fort et de valoriser nos joueurs, a-t-il soufflé. On a donné un statut encore plus particulier à nos finisseurs qui ont su faire la différence. Ce sport de combat collectif apparient à des hommes: quand leur engagement est total, il y a tellement de choses qui peuvent se produire… »
« Sur ce Tournoi, ce banc en 7-1 était en adéquation avec notre pensée, nos moyens et nos besoins, a-t-il renchéri. On a la chance d’avoir en France un réservoir plutôt large avec de grands joueurs, avec des joueurs combattants, des joueurs impactants et on a su utiliser aussi leur puissance et leurs qualités. On en a aussi vu la part de risque en Irlande avec les blessures d’Antoine Dupont et Pierre-Louis Barassi mais ces risques on payé. »